Philippe de Lyon, par Papus

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Portrait de Monsieur Philippe rédigé par Papus dans son ouvrage Traité Élémentaire d'Occultisme.

« J’ai observé d’autres guérisons très intéressantes. Je vous en citerai quelques-unes. Elles ont été opérées par un "homme" que je considère comme un Maître véritable. Il s’agit de Philippe de Lyon. J’étais là, avec deux autres médecins, quand une maman de vingt à vingt-deux ans est arrivée, portant dans ses bras un petit enfant de cinq ans, la tête ballante et les yeux vitreux. Elle dit à Philippe : "Mon enfant doit mourir dans deux heures ; et comme vous m’avez sauvée il y a dix ans, je viens vous demander de guérir mon enfant". Nous sommes trois médecins qui l’examinons et nous découvrons un cas de méningite tuberculeuse très prononcée. L’enfant devait mourir. Il faut que je vous dise, maintenant, comment Philippe opérait. Il y avait toujours là près de deux cent personnes. Philippe n’était pas poseur du tout. D’un caractère bon enfant, il faisait toujours rire les malades. Alors, devant tout le monde, il dit en voyant l’enfant que nous avions examiné : "On peut guérir cet enfant. Voulez-vous vous engager tous à ne pas dire de mal des absents pendant trois mois ?" Tout le monde bondit et répondit que ce n’est pas possible. En marchandant, on est arrivé à deux heures. Moi, je n’ai jamais pu rester deux heures sans dire de mal des absents ! Eh bien ! Philippe a dit : "C’est entendu ! Vous allez essayer de ne pas dire de mal des autres durant deux heures". L’enfant était dans une pièce à côté. Au bout des deux heures, je suis allé le chercher. Je l’ai pris par la main et il a fait avec moi le tour de la salle ; il était guéri.
J’ai vu d’autres cas, notamment un malade qui souffrait beaucoup de l’estomac. Personne ne pouvait savoir ce qu’il avait. Or, Philippe dont je vous parle était très modeste, très gentil, et il s’effaçait toujours. Ce n’est pas lui qui prétendait savoir quelque chose ! Alors, il nous dit : "Docteurs, examinez donc ce malade". Moi, je ne vois pas du tout ce qu’il a. Mes confrères non plus. On examine son estomac ; il n’est pas dilaté. Enfin, nous ne trouvons rien. Alors Philippe nous dit gentiment : "Est-ce que vous avez bien observé s’il avait son appendice xiphoïde ?" (C’est un tout petit os basé placé au bas du sternum). On ramène alors le malade et on constate que le sternum s’arrêtait net à l’appendice xiphoïde. Philippe nous dit : "Je crois qu’il a l’appendice xiphoïde tourné en dedans". Ce déplacement produit une pression sur l’estomac et provoque de la gastralgie. Nous avions alors la main sur la partie malade et pendant que nous pressions très peu, voilà l’appendice xiphoïde qui reprend sa place normale, sans que Philippe ait touché le malade. C’est une action à distance.
Je vous citerai encore un autre fait. Il ne fallait pas du tout parler de ses guérisons. Il a passé des examens en médecine. Mais il n’a pas été reçu docteur en France parce qu’il avait eu l’audace de pratiquer et de guérir alors qu’il n’était qu’étudiant de première année. On ne lui a plus permis de prendre ses inscriptions. Or, il était fils de paysan pauvre. Ce qu’il savait, il le possédait de naissance. Néanmoins, il lui fallait passer par les Facultés et apprendre les choses terrestres. Etant très pauvre et ne voulant rien demander à personne, Philippe s’était mis au service d’un boucher et il portait de la viande à domicile. Il recevait quelques pourboires et le boucher lui donnait trente francs par mois et le nourrissait. C’est avec cet argent qu’il faisait ses études l’après-midi car son patron ne l’employait que le matin. Cela l’a suivi toute la vie. Quand il passait dans la rue, on se disait en le montrant du doigt : "Tiens ! Voilà Philippe le boucher", comme on disait : "Voilà Jésus, le charpentier".
Il faisait du magnétisme et il fut invité à la Cour de Russie. En Russie, il passa quelques examens pratiques de médecin. Un jour il eut cinq malades à observer. Je vous dirai une chose curieuse, c’est que les médecins de là-bas ont remarqué que tout malade visité par Philippe était aussitôt guéri. Donc, il était en clinique externe ; on lui montre un malade et on le prie de dire ce qu’il a. Philippe répond qu’il a un abcès du rocher ou de l’oreille. Les médecins disent non et croient à un rhumatisme. Or, pendant qu’on discutait de ce diagnostic, l’abcès s’ouvre et tout le pus s’écoule à l’extérieur de l’oreille. Le malade était guéri et les médecins n’en revenaient pas.
Eh bien ! cet homme très modeste est mort ; mais il n’a pas cessé de s’occuper de la Terre. Et il s’est passé un fait très curieux dont je pourrais vous dire un mot, en laissant de côté toute communication spirite.
Il y a des gens qui ont dit beaucoup de mal de Philippe. Tant qu’il était sur Terre, on courbait la tête, car il n’avait qu’à regarder quelqu’un pour connaître et réciter aussitôt toute sa vie passée. Un jour, il vint à Paris pour le baptême du fils Durville. Il s’était donc dérangé de Lyon et en arrivant il dit à Hector Durville : "Vous ne croyez à rien aujourd’hui ; mais vous croirez plus tard".
Ainsi, Philippe était à Paris. Et à la porte de l’élise Saint-Merri, où se faisait le baptême du fils Durville, il y avait un vieux mendiant, délicieux comme type, couvert de guenilles, avec une barbe à moitié rasée. Alors Philippe va se placer à côté de lui et, comme s’il se parlait à lui-même, il dit à l’oreille du vieux mendigot : "J’ai 10.000 francs en or et puis 5.000 francs en billets de banque". L’autre le regardait avec épouvante. Et Philippe continua de parler et lui indiqua l’endroit où il avait caché son argent. Le pauvre mendiant s’en fut aussitôt retrouver son trésor.
Je vais vous raconter une autre histoire. Un monsieur vient assister à l’une des séances de Philippe et demande à parler au Maître. On lui pose cette question : "Est-ce pour vous ?" "Pour moi ? répond-il. Vous me croyez donc aussi bête que tous ces gens qui sont là. Non, je ne viens pas pour moi. Je suis tout simplement chargé de faire une commission et quant à moi, je n’ai rien à demander." Philippe le regarde et lui dit : "Monsieur, voulez-vous venir dans la petite chambre d’à côté ?" Il faut vous dire que c’était un très grand honneur que d’aller parler seul à Philippe. Le monsieur passe donc dans la petite pièce et Philippe lui dit : "Savez-vous ce que vous faisiez le 28 juillet 1884, à trois heures du soir ?... Vous étrangliez une femme. Ne craignez rien, moi seul vous ai vu, et la police ne va pas tarder à vous découvrir. Mais ne craignez rien. Si vous voulez demander pardon au Ciel tout de suite, on ne vous trouvera pas". Eh bien ! cet homme, qui voulait faire l’esprit fort, est tombé à genoux et a imploré le pardon du Ciel.
Je vous citerai autre chose encore. Depuis sa mort, on a dit tant de mal de lui que ceux qui l’ont connu et aimé sont devenus enragés à le défendre. Laissons de côté ces adversaires acharnés de Philippe et pardonnons-leur comme il leur a pardonné. Après sa mort, il nous a ordonné de les aider et de les éclairer. Ne soyons donc pas plus papistes que le Pape. Je connais un être que Philippe a empêché de se tuer. C’était un pauvre garçon qui avait des ennuis de ménage ; et au lieu de prendre une détermination quelconque, il préféra en finir avec la vie. Il s’était rendu sur une haute falaise et allait se jeter en bas, lorsqu’il en fut empêché par une force invisible. Cet homme était venu voir Philippe par curiosité et celui-ci, très gentil, lui dit : "Cher monsieur, vous rappelez-vous telle journée où vous alliez vous jeter du haut d’une falaise ? J’étais là et je vous ai vu". Il n’a plus rien demandé.
Eh bien ! des êtres aussi puissants sont très rares ici-bas. Je n’en ai connu qu’un : le Maître Philippe ; il nous a appris à essayer d’être bon ; il nous a enseigné la tolérance envers tous et pour les défauts d’autrui ; la nécessité de ne dire de mal de personne, la confiance absolue dans le Père, la pitié pour la douleur des autres ; enfin, il nous a montré qu’on ne pouvait évoluer qu’en partageant les souffrances des autres et non en s’enfermant dans une tour d’ivoire de crainte de perdre sa pureté et sa sagesse.
Voilà pourquoi nous essayons de remuer un peu l’Humanité, de répandre autour de nous quelques idées qui ne proviennent pas de notre cerveau et de propager les deux grandes vertus qui nous viennent du Ciel : la Bonté et la Tolérance. »[1]

Notes et références

  1. PAPUS, Traité Élémentaire d'Occultisme, La Diffusion Scientifique, 1988, pages 262 à 266