Les envoyés du Père, par Papus

De Wiki Philippe de Lyon
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Portrait de Monsieur Philippe rédigé par Papus dans son ouvrage La Réincarnation.

« Il est sur la Terre des êtres exceptionnels qui viennent ici comme le Sauveur est descendu aux enfers, c’est-à-dire librement et dégagés de toute dette : ce sont des envoyés. Ils se caractérisent par des pouvoirs particuliers alliés à une très grande modestie.
Pendant le cours de notre existence terrestre, nous avons eu le bonheur de connaître un de ces êtres, et de le faire connaître à quelques-uns de nos amis. Tous ceux qui l’ont approché ont été frappés du rayonnement merveilleux qui s’échappait de lui, et l’on trouvera dans notre Traité élémentaire de science occulte, une faible description de cet homme, sous les traits de notre maître spirituel. Il a, hélas ! quitté la terre il y a quelques années et ne communique plus avec ses pauvres amis et élèves qu’à travers les voiles de l’au-delà.
Or cet homme, lorsqu’il donnait des leçons, le faisait toujours avec un tact parfait et sans blesser la conscience de quiconque, en évitant toujours le scandale physique ou mental.
J’avais suivi une famille bourgeoise, riche, considérée, et ayant un peu la prétention de respectabilité que recherchent tant les familles bourgeoises de province. Le père était mort ; la mère restait seule avec sa mère à elle et deux enfants de 10 à 12 ans. J’ai vu la misère entrer peu à peu dans cette famille, alors que la mère faisait tous ses efforts, courageusement, et se tuait de travail pour sauver la nichée. Mais la misère impitoyable augmentait : il fallut vendre les meubles, se restreindre, et, bientôt, ce fut tout juste, et par charité, que la famille put manger, réfugiée dans une mansarde. J’en étais arrivé presque à accuser le Ciel, ainsi que le faisait cette mère de famille.
C’est alors qu’ayant exprimé mes doléances devant le Maître, un jour que nous étions enfermés ensemble dans une toute petite chambre attenant à la salle où il faisait ses guérisons miraculeuses par la prière, un spectacle étrange s’offrit à mes yeux ; le Maître me dit : "Tu vas avoir une réponse à ta question ; c’est un grand bonheur pour toi, mais c’est aussi une grande responsabilité. Avant cette réponse, tu étais ignorant et tu avais le salaire des ignorants ; maintenant tu seras averti, et tu auras le salaire de ceux qui savent. Tu comprendras plus tard ce que cela veut dire. Nous allons demander à l’AMI de lever pour toi les rideaux qui séparent les plans."
A cet instant il me sembla que le mur de cette petite chambre s’ouvrait. Etait-ce création de mon imagination ? Etait-ce réalité ? Etait-ce simplement illumination d’un cliché, par la parole du Maître ? Qu’importe !
Le Maître dit : "Ces femmes ont jadis laissé mourir de faim une parente dont elles voulaient hériter, et je vois le vieux château féodal, je reconnais la mère et la grand-mère, malgré la différence des costumes, et je vois une jeune fille enfermée dans un réduit obscur, suppliant ces femmes de ne pas la laisser mourir et de lui donner du pain. Elles furent impitoyables. Elles sont revenues sur terre après avoir accepté le paiement de leurs fautes et avoir consenti à mourir de faim, comme elles avaient fait mourir l’autre. Mais la Vierge pitoyable, une prière des ancêtres, ont changé le destin, et il a été permis qu’elles pussent manger et qu’après avoir été humiliées elles revivent une vie normale."
Ce qui arriva en effet.
La mère et la grand-mère furent sauvées par le travail des enfants, deux grands esprits incarnés par le Ciel dans cette famille de démons féminins pour la sauver.
Cette histoire n’a d’autre valeur que celle donnée pour mon instruction personnelle. Qu’on la prenne comme une légende ou comme une réalité, peu importe ! La parcelle d’or que renferme cette gangue est assez brillante pour éclairer les cœurs capables de comprendre.
Il existe toujours sur terre, d’après une tradition secrète, trois de ces envoyés du Père ; soit qu’ils soient incarnés ensemble, soit qu’ils fonctionnent chacun dans un plan différent, peu importe. Chacun de ces envoyés à un caractère spécial. Celui que notre cœur regrette toujours pour les paroles vivantes qu’il nous enseigna, s’appelait le plus vieil esprit de la terre ; il avait pouvoir spécialement sur la foudre, qui obéissait à ces demandes, et il agissait également sur l’air et l’eau. Ce qui est intéressant pour nos lecteurs, c’est qu’il avait une notion complète non seulement de la vie présente dans tous ses détails, mais aussi de tous les êtres terrestres avec lesquels il se trouvait en rapports ; il vous disait : "Tel jour vous suicider dans telle et telle condition, vous aviez tout préparé pour que l’on crût à un accident, et, au dernier moment, si vous ne vous êtes pas jeté du haut de la falaise, c’est parce que j’étais, invisible, à côté de vous." Un jour, en entrant dans une église, pour être parrain du fils d’un athée auquel il avait promis que viendrait la croyance, il se penche à l’oreille d’un mendiant, caché entre les deux portes, et lui murmure : "J’ai 15 000 francs dans ma paillasse, 10 000 francs en or et 5 000 francs en billets, et j’ai bien peur qu’on ne vienne me les voler. " Le mendiant, effaré, file à toutes jambes sauver son magot...
Il faudrait des pages et des pages pour dire tout ce que fait un envoyé du Père sur la terre. C’est un peu de soleil dans l’ombre infernale, c’est beaucoup de pitié parmi les cœurs de pierre, c’est un rayon de bonté dans l’égoïsme et la cruauté qui nous environnent, et cela fait un peu aimer la vie.
Tels sont ceux qui sont revenus volontairement, ceux qui se souviennent véritablement, et, parce qu’ils se souviennent, ceux qui ne disent jamais qu’ils ont été tel ou tel grand personnage, n’évoquant même pas tout ce qu’ils ont pu faire au cours des existences antérieures. »[1]

Notes et références

  1. PAPUS, La Réincarnation - L’évolution physique, astrale et spirituelle - Ce que deviennent nos morts, Dangles, 1981, pages 95 à 98