Le Père des Pauvres, par Papus

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Allocution de Papus lors de l'inauguration solennelle de l'Ecole de Magnétisme de Lyon en 1895, dont Monsieur Philippe venait d'être nommé directeur.

« C'est pour moi un grand honneur d'inaugurer, à Lyon, l'Ecole de magnétisme fondée par la Société magnétique de France comme succursale de l'Ecole pratique de magnétisme et de massage qui a été inscrite par l'Université de France comme Etablissement d'Instruction supérieure libre.
Délégué à Lyon à l'effet de constituer le Corps enseignant de la nouvelle Ecole, j'ai eu la joie de constater que votre belle ville comptait assez de praticiens dévoués et instruits pour constituer non pas une mais trois Ecoles de magnétisme s'il le fallait.
C'est alors que je me suis adressé à la voix du peuple, à cette voix puissante dont les échos retentissent à travers les siècles, alors que la voix des Académies ne s'entend guère après quelques mois. Et les remerciements des pauvres et des humbles, et la bénédiction des mères à qui l'on a rendu leurs enfants condamnés par la science officielle se sont élevés à la gloire d'un nom simple pour ceux qui l'ignorent et cependant bien grand pour ceux qui savent comprendre le mystère de ses œuvres : celui de PHILIPPE.
Je suis allé trouver cet homme étrange qui réalise, simplement, de si grandes choses ; et je lui ai demandé : "Mais qui êtes-vous donc vous qui possédez de tels pouvoirs ?"
Et il me répondit : "Je vous assure que je suis moins qu'une pierre et que tout le mérite revient à Dieu qui daigne parfois écouter les prières du dernier de ses enfants car, je vous le dis en vérité, je ne suis rien, je suis moins que rien".
J'ai connu beaucoup d'hommes ; j'ai vécu au milieu de bien des égoïsmes et de bien des ambitions et, toujours, j'ai entendu dire autour de moi : "Moi, je suis ceci, moi je suis cela..." Et, pour la première fois de ma vie, j'entendais ces paroles étranges : "Moi ? Je ne suis rien ; pourquoi vous adressez-vous à moi puisque bien d'autres sont plus savants que moi ?"
J'avais trouvé mon MAITRE car, depuis longtemps, je cherchais celui qui n'était rien au milieu de tous ceux qui étaient si grands. Et, cependant, j'eus bien de la peine à faire accepter à la modestie de M. Philippe ce titre officiel de professeur de clinique magnétique auquel il avait si justement droit.
Car, autour de lui comme autour de tous ceux qui défendent la Vérité par l'exemple, se sont levés des ennemis d'autant plus puissants qu'ils étaient plus ignorants de la grandeur de l’œuvre qu'ils attaquaient.
On osa accuser d'amour du lucre celui qui sort de chez lui avec un bon pardessus en hiver et qui rentre en veston car il a trouvé, en route, un malheureux qui grelottait. On voulut chercher quelque prétexte pour asseoir cette calomnie, et la voix du peuple répondit en quelques mots plus grands que beaucoup de belles phrases :
"M. Philippe c'est le père des pauvres !"
On voulut accuser d'exercice illégal de la médecine cet homme qui guérissait les malades incurables en priant Dieu pour eux ; et il fallut la nouvelle loi sur l'exercice de la médecine et le jugement de la Cour d'Appel d'Angers pour montrer aux médecins du corps qu'il existe une médecine de l'âme, que cette médecine est à la disposition de tout cœur pur et n'a rien à voir avec les formules pharmaceutiques. Je suis docteur en médecine, c'est-à-dire que je puis peut-être dire de quoi un malade est atteint : mais, dans dix ans, s'il plaît à Dieu, je serai assez conscient des pratiques de la haute théurgie pour guérir ce malade que je ne puis le plus souvent que soulager un peu en ce moment. Et je viens de vous livrer le secret de l'avancement en ces études : moi aussi j'ai cru être quelque chose et même quelqu'un ! Et j'apprends maintenant comment on arrive, par le sacrifice, à n'être rien !
Car ces guérisons, ces assistances dans le désespoir et ces interventions dans la douleur se payent dans le monde invisible comme nous payons nos achats dans le monde visible.
Mais, ici, nous payons nos médecins en argent et en or, en monnaie de César. Là-bas, les médecins de l'invisible se payent en monnaie de Jésus-Christ, et l'or s'appelle "charité" et "pardon des injures", et l'argent se nomme "souffrance personnelle" et "humiliation"...
Pardonnez à vos ennemis de tout votre cœur ; vous jetez une poignée d'or qu'on vous rendra en puissance et en santé ; faites du bien à votre ennemi, sans qu'il le sache, sauvez-le de la misère et de la mort ; alors c'est une grosse traite que vous tirez sur Dieu, et Dieu fait toujours honneur à sa parole.
Mais si vous supportez les persécutions et les calomnies sans vous plaindre, et si vous consacrez vos souffrances au soulagement de vos semblables qui sont malheureux, alors vous devenez un représentant réel de l'Invisible sur la Terre ; quoique vous demandiez le Ciel l'accorde à une condition : c'est que vous demanderez pour les autres et non pour vous...
Un jour un homme [Il s'agissait de M. Philippe] est traîné devant les tribunaux ; on l'accuse de guérir ses semblables sans posséder de diplômes. L'envie et la calomnie se donnent libre cours, chargeant cet homme de tous les péchés imaginaires et évoquant devant les juges les images les plus injurieuses pour un cœur pur et pour une conscience fière de ses actes. Détail pénible
la femme et la fille du malheureux, voyant leur honneur ainsi attaqué, sachant qu'un geste peut réduire les accusateurs au silence, qu'une simple parole peut arrêter ces odieux mensonges, supplient l'accusé de faire ce geste, de dire cette parole ! Il pleure mais reste silencieux. Il offre ses souffrances qui sont cruelles en expiation des torts que pourraient avoir ses accusateurs envers la Vérité et envers le Ciel.
Cet acte dépasse l'humanité !
Et qu'on ne croie pas qu'il s'agit là d'impuissance car, cet effort que cet homme n'avait pas voulu tenter pour lui et faute duquel il avait été condamné, cet effort, il le fit une semaine après en se déplaçant à Villefranche pour défendre un pauvre magnétiseur... Et l'on vit le spectacle étrange d'un malheureux Tribunal ne trouvant plus les pièces du procès et de témoins devenus subitement aphones, ce qui valut un acquittement haut la main à l'accusé.
Je pourrais mettre des noms et des dates à ces deux anecdotes, mais vous les connaissez, vous connaissez leurs auteurs. Je n'insisterai donc pas. Vous savez maintenant ce que veut dire : "Rendez à César ce qui appartient à César et à Dieu ce qui appartient à Dieu", car vous connaissez la monnaie de l'Invisible autant que celle du monde visible.
Aussi, vous comprendrez pourquoi je considère comme un honneur de nommer, au nom de M. Durville, directeur de l'Ecole de Paris, au nom de la Société magnétique de France et des professeurs mes collègues de nommer, dis-je, M. PHILIPPE professeur de clinique magnétique à l'Ecole pratique de magnétisme et de massage de Paris, chargé de diriger l'Ecole de Lyon.
C'est là un titre que M. PHILIPPE est digne de porter et, cependant, j'ai la nette impression que ce titre ne pèse bien peu auprès de celui que le peuple de Lyon lui a décerné :
" LE PERE DES PAUVRES" »[1]

Notes et références

  1. ENCAUSSE Philippe, Le Maître Philippe, de Lyon - Thaumaturge et "Homme de Dieu", Editions Traditionnelles, 2003, pages 63 à 66