Le Maître Spirituel, par Papus

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Portrait de Monsieur Philippe rédigé par Papus dans son ouvrage Traité Élémentaire de Science Occulte.

« Il me reste à parler du maître spirituel. Celui-ci est descendu alors que le premier est monté ; celui-ci sait tout, mais il enseigne à descendre et à acquérir la certitude que l’homme qui sait qu’il ne sait rien, commence seulement à comprendre la science ; que celui qui ne possède rien qu’un grabat et qui prête son grabat à qui n’en possède pas est plus riche que tous les riches, le maître spirituel quand il veut enseigner, peut soit parler, ce qui est rare, soit faire voir ce qui est plus commun pour lui. Possesseur de biens physiques qui lui permettraient de vivre en oisif, le maître consacre toute sa vie à la guérison des pauvres et des affligés. Et ces guérisons même indiquent au plus aveugle de quel plan descend l’Esprit qui commande à la maladie et à la Mort elle-même.
Dans les rues de la ville qu’il habite, on le voit passer humble entre les humbles ; aussi les pauvres gens seuls le bénissent et le connaissent. Cet ouvrier qui le salue avec respect lui doit sa jambe qu’on allait couper et qui fut guérie en une heure ; cette femme du peuple qui accourt à son passage, vînt le trouver alors que son enfant râlait et le maître dit : "Femme, vous êtes plus riche, de par votre dévouement incessant et votre courage devant les épreuves que les riches de la terre ; allez, votre enfant est guéri." Et rentrée chez elle, la mère constate le miracle qui déconcerte et irrite les médecins. Cette famille d’artisans courut à lui alors que depuis dix-huit heures leur fille unique était morte, il vint et devant dix témoins, la morte sourit et ouvrit de nouveau les yeux à la lumière. Demandez à tous ces gens, le nom de cet homme, ils vous diront : C’est le Père des Pauvres.
Interrogez cet homme ; demandez-lui qui il est, où il tient ces pouvoirs étranges et terribles, il vous répondra : Je suis moins qu’une pierre. Il y a tant d’êtres sur cette terre qui sont quelque chose que je suis heureux de n’être rien. J’ai un ami qui est, lui, quelque chose. Soyez bon, patient dans les épreuves, soumis aux lois sociales et religieuses de votre patrie, partagez et donnez ce que vous avez, si vous trouvez des frères qui ont besoin et mon ami vous aimera. Quant à moi, pauvre envoyé, j’écris sur le livre évident de mon mieux, et je prie le Père comme jadis le fit Notre Sauveur le Christ qui rayonne en gloire sur la Terre et dans les Cieux et au cœur duquel on parvient par la grâce de la Vierge de Lumière : Mariah dont le nom soit béni.
Je ne terminerai pas ces pages, que ma reconnaissance rend si douces, par le rappel des injures et des sarcasmes dont les savants, les satisfaits, les critiques accablent le maître. Il les ignore, leur pardonne et prie pour eux. Cela suffit.
Cet homme dont je viens d’esquisser le caractère, et avec quelle gaucherie eu égard à son élévation, de même que le précédent, n’est pas un mythe, un être nuageux perdu au fond de quelque pays inaccessible. C’est un être de chair et d’os, vivant de la vie sociale dont il a assumé toutes les charges et plus encore. Et rappelant que, sauf dans le jeûne du désert, le modèle de la race blanche : le Christ a vécu pendant sa vie terrestre, du régime mixte de la majorité des hommes, le maître vit comme tous ses frères humains.
Aussi ne parlerais-je que des œuvres humaines et passerai-je sous silence les transports dans les autres phases d’existence, les communications instantanées en dehors du temps et de l’espace et la direction des Esprits. Un homme vraiment libre a seul le droit d’écrire sur le livre de vie ; les autres ne font qu’y lire. – Apprenez donc à lire avant de vouloir écrire. »[1]

Notes et références

  1. PAPUS, Traité Élémentaire de Science Occulte, Chamuel, 1898, pages 390 à 392